Photo: Clément Roy

Le Fennec est le plus petit canidé sauvage du monde. Sa taille rend encore plus impressionnante l’apparente disproportion de ses grandes oreilles, qui lui servent de climatiseur et de détecteur, dans le Sahara. Dans certaines régions du monde, il est vendu comme animal de compagnie… à un certain prix.

Le mot Fennec provient de l’arabe et signifie tout simplement… “Renard”. Son nom scientifique, Vulpes zerda, quant à lui, vient du latin “Vulpes” qui signifie aussi “Renard”. Zerda viendrait du grec “xeros” qui veut dire “sec”. Nous avons donc littéralement affaire à un “Renard du désert”. Un nom qui lui correspond parfaitement, lui qui vit dans le Sahara.

Le Tom Pouce de la famille

Sa masse de 0,7 à 1,9 kg fait de lui le plus rikiki de la famille. Son genre fut “flottant”, débattu. Il a d’abord fait partie du genre Canis, avant de se voir attribuer un genre unique rien que pour ses beaux yeux: Fennecus. Ce sont les données génétiques dans les années 1990 qui l’ont classé au final parmi les autres “Renards vrais” dans le genre Vulpes (en anglais).

Cependant, il présente des différences notables avec les autres Vulpes. Il est dépourvu en effet de certaines glandes odorantes, il a 34 paires de chromosomes contre 20 chez les autres Renards, et présente des comportements différents …

Un petit Renard social

Contrairement aux autres Renards et aux petits canidés en général, comme le Renard gris, les Fennecs sont sociaux et peuvent partager leur terrier avec 11 autres individus ! Ils dorment même blottis les uns contre les autres. Les adultes sont très joueurs, ce qui est un ciment de la socialité ! Mais ils chassent seuls.

Le groupe se constitue généralement d’un couple avec ses petits de l’année, comme chez les canidés de taille moyenne, par exemple les Chacals. D’ailleurs, si une première portée est perdue, le couple peut se reproduire à nouveau la même année.

4 Fennecs sont blottis les uns contre les autres
– par Anasserihani

Ce petit animal creuse son terrier au pied des dunes pour rester au frais. Il a des poils sous les pattes pour le protéger du sable chaud. Ses grandes oreilles, avec une importante surface de contact, servent de thermorégulateur, comme chez les Éléphants, c’est-à-dire qu’elles servent “de clim”, pour le refroidir. 

Tout comme pour celles de l’Otocyon (Otocyon megalotis), ces organes lui servent aussi de paraboles pour trouver ses proies dans le sable. En bon petit canidé, il est omnivore. Il se nourrit alors de petits rongeurs, parfois d’oiseaux, d’œufs, de lézards, d’insectes, de plantes, voire de déchets humains.

Le Fennec peut vivre sans eau, et son organisme supporte de très hautes concentrations d’urée (pdf en anglais). Il est nocturne, et son principal prédateur est le Grand-duc ascalaphe (Bubo ascalaphus).

Le Fennec comme animal de compagnie

Si l’espèce n’est pas menacée, il existe cependant un trafic illégal de Fennecs pour en faire des animaux de compagnie. En revanche, dans certains États des États-Unis, des élevages légaux voient le jour (en anglais). Mais attention ! Les Fennecs restent des animaux sauvages, et ils pourraient bien cacher de la nourriture dans vos oreillers ou creuser des terriers dans vos matelas

On en voit d’ailleurs un, en laisse, en train de faire des bêtises dans le film Pierrot le fou de Jean-Luc Godard, avec Jean-Paul Belmondo.

Qui n’a jamais entendu parler des célèbres “Fennecs”, le surnom des joueurs de la sélection nationale algérienne de football, pays dont il est l’animal national.

Dans Le Petit Prince de Saint-Exupéry, en toute logique, le Renard du désert dans lequel atterrit l’auteur pourrait être un Fennec. Le dialogue est resté célèbre :

Si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde.”

Pour aller plus loin:

• Le livre « Canidés du monde » , de José R. Castello, éditions Delachaux Niestlé, 2020
• Cet article de S. Larivière, 2002, sur la biologie et l’écologie du Fennec (pdf en anglais)

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