Comment un phénomène localisé sur une partie du globe peut-il avoir des conséquences néfastes pour l’ensemble de notre planète ? L’éloignement géographique, par rapport à nos pays européens, nous écarte-t-il pour autant du danger ? 

Le dégel accéléré du pergélisol pourrait produire un phénomène invisible pour l’œil humain, ayant pourtant une répercussion planétaire engendrée par l’augmentation des quantités de gaz à effet de serre (GES) rejeté par les végétaux et les animaux morts, jusqu’alors emprisonnés par la glace. 

Cette quantité de précurseurs de GES renfermée par ces sols expose notre planète à des risques de contamination de l’air et de l’environnement océanique. 1500 Gigatonnes de gaz à effet de serre seraient dégagées, soit le double du carbone déjà contenu dans l’atmosphère.

Plus notre planète se réchauffe, plus le pergélisol est susceptible de dégeler et plus il rejettera des gaz nocifs, alimentant ainsi un phénomène qualifié de « boucle rétroactive » par les scientifiques, autrement dit une sorte de cercle vicieux.

2016 : l’épisode de la bactérie du charbon

Les virus et bactéries gelés depuis des millénaires sont tout autant préoccupants. Le dégel de ces sols dans plusieurs régions du monde met au jour des restes d’animaux, de végétaux, voire d’humains. Or ces agents pathogènes ne sont pas forcément morts avec eux.

En 2016, dans le nord de la Sibérie, le dégel du pergélisol a exposé des carcasses animales, libérant la bactérie du bacille du charbon (Bacillus anthracis, plus connu sous le nom de maladie du charbon, ou anthrax en anglais), qui a contaminé des animaux mais aussi des êtres humains. Résultat, des centaines de rennes sont morts subitement et des enfants sont tombés malades, faisant parmi eux une victime.

Il y a donc là une impérieuse nécessité de lutter contre ce phénomène permettant ainsi de nous prémunir de futures crises sanitaires liées à des virus susceptibles de réémerger.

Autres effets néfastes

Par ailleurs, une autre menace plane : le mercure. Cette substance toxique serait massivement contenue dans les sols gelés arctiques, à hauteur de 1,5 million de tonnes, soit deux tiers de la totalité du mercure présent sur Terre. 

Outre le mercure, la disparition du pergélisol engendre des effets éco-paysagers. Les sols deviennent trop meubles et s’affaissent, provoquant des glissements de terrains. Une trentaine de villages en Alaska ont par exemple dus être évacués en raison de mouvements de terrains. Des lacs ou des cratères se forment. En Sibérie orientale, le cratère de Batagaika est directement issu d’un de ces glissements.

Toutefois, des solutions sont étudiées pour tenter d’inverser la tendance et échapper aux effets dévastateurs du dégel.

Cratère formé par le dégel du pergélisol, probablement lié à l’expulsion d’une poche de gaz contenue dans le sol gelé.
(Péninsule de Yamal – Russie)

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