Le 24 novembre 2022, la proposition de loi d’Aymeric Caron (Nupes) visant à interdire la corrida est examinée par la commission des lois, à l’Assemblée nationale. Cette proposition a peu de chances d’aboutir. Mais ça ravive le débat. Les aficionados, les chasseurs, comme tous ceux qui jouissent de jouer, de piéger et de tuer le Vivant sont sous pression du grand public, de plus en plus et de mieux en mieux sensibilisé. Voici un récap sur la question.

affiche contre corrida spa
La campagne 2022 de la SPA sur la corrida


Selon un sondage IFOP de novembre 2022, 74 % des Français sont favorables à l’interdiction de la corrida. La proposition de loi du trublion Aymeric Caron souffle sur des braises toujours très chaudes. Les marches d’élus de tous bords, d’antis et d’aficionados dans une douzaine de villes taurines le montrent bien.

L214 a publié une nouvelle vidéo choc. Brigitte Gothière avait évoqué le sujet dans son épisode de BSG. La Société Protectrice des Animaux (SPA), bon timing, diffuse une campagne ad hoc : « Si torturer et tuer un chien ou un chat était une tradition, le toléreriez-vous ? »

Malins les lapins 😉

200 corridas par an en France, 1000 taureaux torturés

toreador taureau arene corrida
Parfois, le spectacle bien réglé ne se passe pas comme prévu…

Près 200 corridas sont organisées chaque année en France. Avec les courses camarguaises (sport non létal où les participants doivent attraper des trucs sur les cornes d’un taureau) et les courses landaises (une corrida sans mise à mort organisée avec des vachettes de type Interville/Guy Lux), le nombre de spectacles d’arènes s’élève en moyenne à 1 700 par an.

Des événements, des fréquentations et des recettes en baisses dans tous les pays où la corrida existe encore : Espagne, Portugal et pays latinos.

En France, environ un millier de taureaux sont tués chaque année dans les corridas, sans compter les taureaux mis à mort lors des entraînements, dans des arènes privées.

Alès, Arles, Auch, Bayonne, Béziers, Dax, Istres, Langon, Mont-de-Marsan, Nîmes, Pau, Perpignan… Les villes taurines se mobilisent pour défendre leur « Tradition ».

Le chiffre d’affaires de cette activité avoisine les 40 millions d’euros, saupoudré de triche et de corruption.

Corrida : un peu d’histoire

taureau et torero combat corrida
and again…

Ériger la torture, le combat ou l’agonie d’animaux régalait déjà les foules des cirques de la Rome antique. Cette sympathique invention remonte à la préhistoire.

La tauromachie a commencé à être codifiée en Espagne dans des tournois organisés par les hidalgos oisifs du Moyen-Âge.

Au 18e siècle, les prolos des abattoirs espagnols s’y mettent en « s’amusant » avec les taureaux, en agitant une cape, l’ancêtre de la muleta.

Le 21 août 1853, Bayonne organise la première corrida en France… en l’honneur de l’épouse espagnole de Napoléon III, l’impératrice Eugénie de Montijo.

En 1951, la corrida est officiellement autorisée… ou plutôt interdite partout, sauf dans les régions où selon la loi « une tradition locale ininterrompue » est invoquée. Exception notoire à l’interdiction de tout acte de cruauté sur un animal.

Aujourd’hui, sur 90 % des territoires français, la corrida est un délit qui est puni par 5 ans de prison et 75 000 euros d’amende… Sauf dans quelques villes du sud de la France.

Les aficionados revendiquent la tradition. Olé.

A-t-on conservé le droit de cuissage ou les combats de gladiateurs au nom de la tradition ?

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banniere baleine sous gravillon

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