Le Chien des buissons, à mi-chemin entre l’Ours et la Marmotte, a une physionomie très différente des autres canidés. Et en plus, il est semi-aquatique et le seul canidé d’Amérique du Sud à vivre en meute!

Chien de buissons à oreilles courtes marchant dans la forêt, de face
Un chien des buissons à oreilles courtes (Atelocynus microtis) en Amazonie péruvienne – par Igor de la Vingne

Dans les jungles inextricables d’Amérique Centrale et du nord de l’Amérique du Sud se faufile un tout petit canidé qui ne ressemble à aucun autre. Mesdames, messieurs, dans la famille canidé, nous demandons le Chien des buissons.

Il y a plus exactement 3 sous-espèces de notre Chien “buissonnier” (Speothos venaticus venaticus, S. v. panamensis et S. v. wingei). Les variations concernent la corpulence et la couleur de pelage.

Leurs principaux prédateurs sont les Cougars et les Jaguars, et même les… Humains par endroits, surtout là où il y a peu de grands mammifères.

Last but not least pour cette introduction, le Chien des buissons (Speothos venaticus) ne doit pas être confondu avec le Chien des buissons à oreilles courtes (Atelocynus microtis). S’ils vivent dans les mêmes milieux et sont tous les deux des canidés d’Amérique du Sud, ils restent génétiquement très différents.

Le Chien des buissons est amphibie !

Chien des buissons assis sur un rocher, au dessus de l'eau
Le Chien des buissons est une espèce “quasi menacée”, même si ses effectifs sont très difficiles à étudier.
– par Mike Peel

Comme le Chien viverrin, le Chien des buissons a un corps compact bien adapté aux forêts tropicales denses. On le trouve surtout près des points d’eau. Il a même des pattes en partie palmées, qui font de lui un très bon nageur.

Même s’il est principalement diurne contrairement à la plupart des petits canidés, il communique davantage par l’odorat que par la vue. Ce choix s’explique par la densité de son habitat, qui limite le champ de vision.

Leur communication de meute elle-même passe beaucoup par les odeurs, car sa morphologie de petite boule est peu propice aux signaux visuels via leurs oreilles et leur queue toute rikiki.

Comme beaucoup de canidés: seule la femelle dominante se reproduit, et toute la meute s’occupe des petits (alloparentalité). Cependant, il est le seul de cette grande famille à pouvoir se reproduire toute l’année ! 

Dessin représentant une mâchoire de profile et une vue du dessus.
Dessin de mâchoire de Loup, avec la dent carnassière grisée.
– via Internet Archive Book Images

Il est également le seul canidé d’Amérique du Sud à vivre en meute (cf le Loup à Crinière, son plus proche cousin actuel). Les autres ayant des tendances solitaires. Il est ainsi monogame et vit en groupe de 2 à 12 individus. Il peut parfois chasser seul dans des milieux ouverts, comme le cerrado (savane sud-américaine).

La denture du Chien des buissons est unique également. Il n’a en effet que 2 ou 3 paires de molaires, contre 5 chez les autres canidés! Ses carnassières du bas ont aussi un talon tranchant, caractéristique qu’il partage avec les Dholes et les Lycaons.

Pas veggie pour deux sous, monsieur est strictement carnivore

Si, de par son histoire génétique et évolutive, le Chien des buissons fait partie des canidés d’Amérique du Sud, il a plutôt tout… d’un grand Loup. Il est en effet le seul de son groupe à être strictement carnivore, d’où sa denture si particulière parmi les Chiens latinos.

Capybaras – par Jaime Dantas

Le Chien des buissons se nourrit surtout de petits mammifères: Pacas, Agoutis, tatous, Capybaras… Dans ce dernier cas, ces rongeurs sont plus gros que lui, d’où l’utilité de la meute. Il mange aussi des reptiles et des oiseaux. Bref, notre Snoopy de la jungle est un viandard.

Des chasseurs amérindiens rapportent avoir vu comment les Chiens des buissons procèdent pour attraper un Paca, un gros rongeur. Une partie de la meute le chasse à terre. Quand le Paca veut se réfugier dans l’eau, d’autres Chiens des buissons l’y attendent. Ce bon vieux principe de la tenaille vieux comme le monde, vieux comme la chasse …

Pour aller plus loin:

• Le livre « Canidés du monde » , de José R. Castello, éditions Delachaux Niestlé, 2020
• Cet article de De Mello Beisiegel et Ades, 2002 (en anglais) sur le comportement des Chien des Buissons

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