Photo de couverture : BirdBeSafe

L’impact de nos chats domestiques n’est pas négligeable… mais n’est pas une fatalité non plus. De nombreux moyens sont à la disposition des particuliers, comme nous allons le voir dans cette dernière partie.

Confiné, Mischan essaie d’atteindre un Pinson des arbres (Fringilla coelebs) devant la fenêtre – CC W. Carter

Pas besoin d’attendre que la loi devienne contraignante pour agir. Toutes les pistes citées dans la partie précédente peuvent être mise en application par chaque propriétaire :

  • réduire le nombre de chats du foyer. L’idée est de ne pas en reprendre quand le votre sera parti ou d’en prendre moins (passer de 3 à 2 chats, ou de 2 à 1)

  • stérilisez vos animaux, outre les nombreux avantages au niveau vétérinaire, cela évite surtout la création / l’alimentation des populations férales

  • garder Flocon dans la maison / l’appartement

  • rentrer Simba le soir, éviter de le sortir trop tôt le matin, en période de grand froid ou pendant la saison de reproduction

Passons à la suite des solutions. Tout d’abord, il y a des solutions très locales, qui ne visent pas à réduire la prédation d’un chat en particulier, mais plutôt d’empêcher les chats d’accéder à certaines zones à l’aide de différents systèmes

  • collier stop-minou sur un arbre ou rabat sous un rebord pour les empêcher de monter

  • herse sur un mur pour les empêcher de passer

  • plantes & produit répulsif olfactif

  • systèmes à déclenchement automatique à ultrason ou jet d’eau 

D’autres petites choses simples du quotidien semblent réduire les comportements de prédations des chats. Ainsi, la stimulation d’un chat, en jouant avec lui une dizaine de minutes par jour réduit la prédation d’environ ¼, tandis qu’une nourriture de bonne qualité (pauvre en céréale et riche en viande) diminue la prédation d’⅓ – Cecchetti

Dispositifs anti-prédation

C’est bientôt Noël, l’occasion d’offrir à votre chat de quoi avoir l’air ridicule dans tout le quartier, et comme tout le monde le sait, le ridicule ne tue pas ! (une formule très à propos dans ce cas présent)

Les dispositifs de dissuasion de la prédation portés par le collier sont une option pour les chats de compagnie en liberté. Comme l’ont démontré les travaux de Calver, les cloches, les alarmes électroniques et les protecteurs de bond réduisent la prédation de plus de 50 %.

Il existe différents dispositifs :

  • la clochette, un intemporel. Avec une réduction de la prédation d’environ 50% pour les oiseaux et 60% pour les micro-mammifères – Gordon 

  • les avertisseurs sonores, des clochettes high-tech. Ces petits dispositifs électroniques ont le même effet, par exemple les avertisseurs CatAlertTM ou le collier Liberator

  • les collerettes colorées, entre renaissance et art-moderne. Ces collerettes de tissus colorés fonctionnent plus sur la vue que l’ouïe et fonctionnent donc mieux pour les oiseaux que pour les mammifères (inverse des clochette donc), toujours autours des -50% – Hall

  • les bavettes anti-saut, prêt pour la fashion week. Les bavette type CatBib affichent aussi de meilleures performances sur les oiseaux (-81%) que sur les mammifères (-45%). Ici, en plus de rendre le chat très voyant, la bavette gène les sauts et les mouvements de pattes nécessaires à la prédation.

N’hésitez pas à cliquer sur les liens ou à faire un tour sur votre moteur de recherche préféré pour voir à quoi tout ça ressemble.

Vous l’aurez remarqué, il est questions de clochettes et de colliers. Deux gros mots qui consternent la plupart des propriétaires de chats. Mais encore un peu de patience, lisez la suite 😉

Clochettes et collier, pour qui sonne le glas ?

Nous vous invitons à lire cet article de vulgarisation (en anglais, le traducteur DeepL est votre ami) “Dois-je attacher une clochette au collier de mon chat ?” Cet article cite de nombreuses études scientifiques en source, que vous pouvez aller lire pour approfondir (c’est pas juste un article de blog lambda). En voici un résumé :

Le clochettes de l’apocalypse… ou pas

“Rien ne prouve que les chats ont adapté leur comportement de chasse pour réduire l’effet de la cloche au fil du temps.” – Ruxton 

Les clochettes émettent des sons trop faibles pour endommager physiquement l’appareil auditif des chats – Gourévitch 

Le cerveau des chats développe rapidement une suppression neuronale de l’activité liée au bruit de la clochette. Autrement dit, le cerveau fait abstraction du son et le chat ne l’entend plus au bout de quelques semaines. Les gens qui, comme moi, habitent près d’une gare ou d’un aéroport verrons très bien de quel phénomène il est question ici. – Pienkowski 

En résumé, les clochettes ne semblent pas être un calvaire abominable et aucune étude scientifique à notre connaissance ne contre-indique leur utilisation.

Anti-colliers : une opposition farouche basée sur… des intuitions fausses

Tout le monde le sait, les chats et les colliers ne font pas bon ménage. Pourquoi ? Hé bien… parce que tout le monde le dit, et si tout le monde le dit, ça doit bien être vrai après tout.


Comme pour les clochettes, beaucoup de mésinformations circulent sur le sujet. Entre croyances et rumeurs, que sait-on au juste sur le sujet ? Je vous laisse lire les conclusions de trois études sur le sujet, pour les résumer rapidement : 

les bénéfices sont de loin supérieurs aux risques.

« Les vétérinaires devraient fortement promouvoir l’utilisation des colliers, et des informations suffisantes doivent être fournies aux clients pour garantir une application sûre et une utilisation précoce des colliers chez les chats.” – Harrod 

“Un dogme général existe apparemment chez les propriétaires de chats et les vétérinaires, selon lequel les chats ne peuvent pas porter de collier ou seront blessés par celui-ci.”, “Les blessures liées aux colliers étaient plus susceptibles de résulter de colliers trop lâches plutôt que de colliers trop serrés”, “environ trois quarts des chats pourraient porter un collier avec succès”, “les avantages potentiels dépassent de loin les effets indésirables potentiels.” – Lord 

“La faible utilisation des colliers de chat pour l’identification est due à une croyance répandue mais erronée parmi les propriétaires et les vétérinaires selon laquelle les chats ne tolèrent pas les colliers ou sont blessés par ceux-ci.”, “Nos résultats concordent sur le fait que les blessures et les décès causés par les colliers sont rares, bien que les incidents mineurs liés aux colliers soient plus fréquents.”, “Si le risque lié au port d’un collier ne peut être éliminé, il est bien moindre que celui lié aux accidents de la route ou aux bagarres”, 

“Les propriétaires peuvent donc simultanément améliorer le bien-être de leurs chats et réduire la pression de prédation sur la faune sauvage – ce qui est en soi une question de bien-être animal.” – Calver

Pour conclure

Comme dit en introduction, le but de cette série d’articles n’est pas de vous dire quoi faire. Les choix, ça se prend avec les tripes, selon les priorités, la morale, les valeurs de chacun. Il n’y a pas de mauvais choix, chacun est libre. Mais il y a des choix faits pour de mauvaises raisons. 

Pour cette enquête, nous avons rassemblé dans cette série d’articles des informations scientifiques sourcées, vérifiables, et factuelles.

Nous espérons que notre travail vous éclairera dans votre réflexion, et que vous ferez vos choix futurs pour de bonnes raisons, en connaissance de cause.


Découvrez les autres articles de cette série :

Si vous voulez vous documenter sur l’impact du Chat domestique sur la faune sauvage, sans tout lire avec une version audio, retrouvez nos podcasts par ici :
> Épisode 1 et 2, l’état de la situation
> Épisode 3 et 4, les solutions

Laisser une Réponse