Les macaques japonais sont très connus et très étudiés pour plusieurs raisons. Les macaques de l’île de Koshima sont notamment connus pour laver les pommes de terre dans l’eau avant de les consommer. Ce sont de proches cousins des macaques des neiges de Nagano qui, eux, se prélassent dans les sources d’eau chaude en hiver. 

Les macaques japonais s’organisent autour des femelles. Comme dans toute société matriarcale, ce sont elles qui dirigent et organisent le groupe. Fait étonnant, ces macaques femelles ont des pratiques lesbiennes, ce qui renforce leur cohésion. Ces comportements lesbiens durent plusieurs jours. Ces amies vont même jusqu’à se défendre mutuellement contre les avances non désirées des mâles!

Ces pratiques menacent-elles la reproduction du macaque? Ces “rateaux” provoquent des frustrations chez certains mâles, mais sur le long terme, il encourage la stabilité sociale. Selon la biologiste Joan Roughgard : “Lorsque des animaux ont un comportement homosexuel, ils utilisent leurs organes génitaux à des fins sociales.” Ce phénomène est bien connu chez les bonobos.

“Quickies” et frustration

Mais ce qui se passe chez certains groupes de macaques japonais dépasse largement ces comportements lesbiens: ils se masturbent sur la croupe des cerfs sikas!! Ces nonchalants cervidés n’ont pas l’air spécialement dérangés par ces étranges “quickies” qui se déroulent sur leur dos. Des primatologues français ont en effet observé une scène assez cocasse. Un jour, un mâle « périphérique », c’est-à-dire non dominant, a sauté sur le croupe d’une biche pour passer sa frustration. Ce phénomène surprenant semble néanmoins très rare et n’a été observé qu’une seule fois, sur l’île de Yakushima.

Pour des raisons d’incompatibilités anatomiques évidentes, le singe n’a pas pu s’accoupler avec la biche, mais il a tout de même été jusqu’au bout de son acte.

“les biches pour leur part, ne se laissaient pas faire.” 

Depuis, des chercheurs canadiens ont observé, durant quelques mois, sur la réserve de Minoo, proche d’Osaka, près de 260 actes sexuels entre ces deux espèces: à chaque fois ce sont de jeunes femelles macaques qui se frottent les parties génitales contre le dos des cerfs mâles, car selon les scientifiques, les biches pour leur part, ne se laissaient pas faire. Les biologistes expliquent ces comportements par le fait que les aires de vie des deux espèces se rejoignent, tout comme leur période d’accouplement.

Selon eux, les macaques explorent leur sexualité et cherchent à atténuer leur frustration. Mais le peu de connaissances dont nous disposons sur ce phénomène ne permet pas, à l’heure actuelle, de tirer de véritables conclusions scientifiques sur celui-ci.

Pour aller plus loin:

📖(Cunningham & Birkhead. 1997. Sex roles and sexual selection) – (Clutton-Brock. 2007. Sexual selection in males and females) – (J. Roughgarden. 2004. Evolution’s Rainbow)

🖥️ Lien vidéo : https://youtu.be/l8HFDnM7Sdw