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Le Diable de mer (Mobula Mobular) est un exemple type des trésors méconnus de la faune de Méditerranée, qui disparaissent dans l’indifférence. Aucune loi ne protège les requins et les raies en France ! Qui est cette cousine de la célèbre Raie manta ?

Le nom du Diable de mer est nimbé de légendes : Les pêcheurs d’autrefois racontaient que ces raies pouvaient couler des bateaux. Ils saisissaient l’ancre avec leurs “cornes” et plouf !

En Polynésie, on raconte que ce diable venait recouvrir, de son large “manteau” (d’où l’autre nom vernaculaire de “mante”), les pêcheurs de perles, apnéistes, pour les noyer…

En fait, évidemment, cette raie, qui mange du plancton et des petits poissons, est inoffensive.

L’espèce méditerranéenne s’appelle Mobula mobular, cousine d’autres espèces dans le monde, dont la célébrissime Raie manta, qui peut atteindre 7 m d’envergure, le double de notre belle méditerranéenne.

La raie Mobula taquine l’envergure d’un Albatros hurleur, mais pèse 25 fois plus que l’oiseau géant : jusqu’à 300 kg. Le diable de mer a une espérance de vie de 15 ans. La maturité sexuelle arrive vers 5 ou 6 ans.

Filtrage de plancton par les… branchies !

Parade nuptiale

Le Diable de mer vit surtout entre la surface et 20-30 m de profondeur (même si elle peut descendre à quelques centaines de mètres). Il suit sa nourriture planctonique, dans les eaux océaniques superficielles (épipélagiques).

La bouche de la Devil ray compte 150 rangées de petites dents qui servent à filtrer l’eau pour retenir le plancton, les petits crustacés et poissons. Le zooplancton est récupéré… par les branchies ! En effet, les branchies ont une double fonction chez les raies :elles leur permettent d’oxygéner leur sang et de récupérer le plancton ingurgité. 

De par leur taille respectacle – size matters – les Diables et Mantas adultes ont peu de prédateurs naturels. Les grand Requins et les Orques en croquent parfois.

Les Mobulas sont un émerveillement pour les navigateurs : ces acrobates sautent parfois hors de l’eau en effectuant des figures et des plats retentissants. Les raisons en sont mal connues : déparasiter, communiquer, parader…?

Le poids du cerveau des Diables de mer et Raies mantas est disproportionné par rapport aux autres poissons, proche du ratio des mammifères.

La femelle Mobula est ovovivipare. Elle donne naissance à un petit, miniature de l’adulte, après une gestation d’environ un an. Le bébé fait déjà plus d’1 m d’envergure. La maman Raie ne se reproduit pas chaque année.

Mobula mobular a donc un faible taux de reproduction et peu de rejetons. Par conséquent, elle est très vulnérable et sensible aux changements environnementaux et climatiques, et à la pollution. Elle est en plus capturée involontairement par les filets des pêcheurs. À quand des dispositifs pour éviter de telles hécatombes, amis pêcheurs?

Notre bon petit Diable est classée “en danger” dans la Liste Rouge de l’UICN.

Photos : Sébastien Barrio

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Pour en savoir plus, voici les épisodes de Combats, avec Matthieu Lapinski, le président d’Ailerons :