Chaque année, plus de 100 millions d’animaux sont soumis à des expérimentations animales dans le monde. Les sciences du vivant ont apporté quantité de connaissances extraordinaires grâce à l’étude de quelques organismes en laboratoire. Ce sont les “organismes modèles”, censés représenter l’ensemble du vivant. Ils permettent de mieux comprendre des lois générales de l’hérédité, du fonctionnement des organismes. Ces découvertes sont souvent extrapolées à l’Homme.

Environ 1000 espèces sont de tels modèles :

Caenorhabditis elegans pour les vers

Caenorhabditis elegans est composé de 1000 cellules environ.

Ce petit ver transparent d’1 mm, est un nématode mangeur de bactéries du sol. Il vit 20 jours, peut se reproduire 3 jours après son éclosion. Son corps comporte un nombre fixe de cellules, environ 1000. Il est hermaphrodite et chaque individu est capable d’engendrer plus de 300 descendants en 4 jours.

C’est le premier animal dont le génome a été entièrement séquencé en 1998. Depuis 50 ans. C. elegans est à l’origine de trois prix Nobel dans les domaines de la médecine, de la physiologie et de la chimie. 60 à 70% de son génome est identique au nôtre.

Ce ver présente de nombreux avantages par rapport aux expériences sur les vertébrés, pour lesquels il faut généralement des mois voire des années pour obtenir des réponses, sans compter la souffrance que génère l’expérimentation animale, les coûts énormes et les précautions liées à ces expériences.

La Drosophile (Mouche du vinaigre) pour les insectes

Cette mouche là est bien attirée par le vinaigre, si si si !

Drosophila melanogaster, de l’ordre des diptères, est surnommée la “mouche du vinaigre”. Le nom “drosophile” vient du grec, drósos, rosée, et de phílos, qui aime.

L’appellation vernaculaire “mouche du vinaigre” contredit l’expression “on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre”, qui est donc fausse. La drosophile est attirée par les matières volatiles issues de la fermentation, par les fruits trop mûrs et le compost.

Le genre Drosophila comporte environ 400 espèces, dans le monde entier. Elles atteignent une longueur de 1 à 2 millimètres et pondent leurs œufs dans les fruits. Elles possèdent la propriété de se multiplier très rapidement et en très grand nombre. Leur longévité est d’un mois et leur cycle de reproduction est d’environ 10 jours. Très intéressant pour faire des études génétique rapidement.

L’Arabette des dames pour les plantes

Les graines d’Arabidopsis thaliana ont résisté au vide spatial !!

L’Arabette des dames est une petite plante de la famille des Brassicacées, ex Crucifères comme le Chou, le Navet, la Moutarde etc … En 2000, le génome d’Arabidopsis thaliana fut le premier génome végétal séquencé. L’Arabette coche toutes les cases de la plante modèle de labo.

De petite taille ; en laboratoire, on peut cultiver un millier de pieds sur un mètre carré. Son cycle de développement graine → plante → graine ne dure que deux mois. Un seul plant produit environ 40 000 graines. C’est un des plus petits génomes connus dans le monde végétal. Des recherches sont actuellement en cours pour permettre la détection de mines anti-personnel grâce à des graines d’Arabidopsis qui, après modification génétique, changeraient de couleur en cas de culture au-dessus d’une mine, ce qui en faciliterait la détection et l’élimination.

Entre 2007 et 2009, des graines furent exposées au vide de l’espace plus d’un an dans le module EXPOSE (en) de la Station spatiale internationale et survécurent. En 2022,  des scientifiques sont parvenus à  faire germer des graines d’Arabidopsis thaliana dans des échantillons de régolithe lunaire collectés lors des missions spatiales Apollo 11, 12 et 17. Cette expérience, réalisée en laboratoire non stérile et sous atmosphère terrestre simulant un environnement qui pourrait ressembler à un habitat lunaire occupé par l’humain, a pu démontrer qu’il est possible de faire pousser des plantes sur un sol extraterrestre bien qu’il ne soit pas idéal.

Le Poisson-zèbre (Danio rerio) pour les Poissons

Danio rerio est surnommé « pyjama » et fait aussi un tabac en aquariophilie …

Le Danio et ses embryons transparents sont les favoris chez les poissons. Il est aussi surnommé “Poisson pyjama” ou “Bagnard” en raison de ses motifs rayés. L’adulte mesure de 4 à 5 cm. Il est originaire d’Asie du Sud. L’habitat naturel de ce poisson sont les rizières, les étangs, les eaux stagnantes et les petits rivières tranquilles et peu profondes.

Chez le Danio, 70% des gènes ont un équivalent avec les nôtres. Une caractéristique unique au monde qui fait de cette espèce un sujet d’étude parfait pour les maladies génétiques mais pas seulement. Le Danio peut par ailleurs réparer voire régénérer des organes aussi importants que le cœur.

La communauté scientifique l’utilise en expérimentation animale aussi pour mieux comprendre les mécanismes cellulaires fondamentaux qui s’opèrent lors de la propagation de certaines maladies, telles que le cancer.

Son génome est le plus imposant jamais décrypté chez un vertébré jusqu’à présent (26.000 gènes codants). En 2015, des scientifiques ont observé chez les poissons-zèbres une capacité pour la mémoire épisodique. Les individus ont démontré une capacité à se souvenir d’objets, de moments et de lieux.

La souris blanche pour les mammifères

Des lignées de souris malades et transformées sont copyrightées et utilisées comme objets ...

Rien qu’en France, en 2020, les rongeurs représentaient 75 % des animaux utilisés dans les labos. Avec 1.5 million d’individus sacrifiés au nom de la science (64 %) chaque année, les souris arrivent largement en tête de ce classement, suivies par près de 150 000 rats (9 %). Loin des 110 millions de souris sacrifiées aux États-Unis chaque année.

La théorie cartésienne de “l’animal machine” permet alors à bien des chercheurs et pionniers de la science de s’absoudre des questions éthiques posées par la vivisection. Mais c’est également à cette même époque qu’apparaissent les premiers détracteurs de l’expérimentation animale.

Des lignées de souris sont aujourd’hui sous copyright. Notamment des souris consanguines à « incidence tumorale prévisible ». En d’autres termes, on crée des lignées de souris qui sont déjà atteintes de maladies pour permettre aux chercheurs de procéder à leurs expériences. En somme, une grande partie de la recherche scientifique repose désormais sur un animal suralimenté, consanguin, produit en masse, à la chaîne et dans des laboratoires. Des conditions d’élevage qui induisent le risque de passer à côté de traitements efficaces, car ces organismes ne sont plus vraiment des modèles réalistes…

Depuis Marie Françoise « Fanny » Bernard et la naissance des mouvements anti-vivisections, les mouvements de protection des animaux se sont structurés en associations internationales, la SPA, PETA et L21. Elles dénoncent l’expérimentation animale, sont parvenues à sensibiliser l’opinion publique et à faire bouger les lignes, en vue d’interdire, un jour, l’expérimentation animale.

Aux États-Unis, les rats, les souris et les oiseaux ne sont pas pris en compte par la loi fédérale sur la protection des animaux. En Europe, depuis 2010, il convient de respecter la directive 2010/63/UE « relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques », qui s’applique à tous les animaux vertébrés, avec des restrictions supplémentaires pour les primates, et une interdiction de l’utilisation de grands singes.

Conclusion

1000 espèces modèles seulement parmi plus de 2 millions d’espèces connues, c’est à la fois beaucoup et très peu. Beaucoup pour comprendre en profondeur les mécanismes généraux du Vivant et les transposer à l’espèce humaine. Trop peu pour mieux comprendre et vivre en harmonie avec le Vivant.

Que savons-nous des autres espèces au final, de toutes ces baleines sous les gravillons ?

Et au delà, que ferons-nous, demain pour soustraire nos frères et sœurs du Vivant à l’expérimentation animale, indigne et scientifiquement non idéale?

Pour écouter les épisodes de BSG sur le rapport homme / nature :

https://bit.ly/homme-nature3_BSG

https://bit.ly/homme-nature2_BSG

https://bit.ly/homme-nature1_BSG

Pour en savoir plus sur l’expérimentation animale :

https://animaltesting.fr/

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