Le Koala est une icône incontournable, un animal aux oreilles touffus que l’on reconnaît instantanément. C’est un mammifère marsupial, comme les Wallabies ou les Kangourous, qui est retrouvée seulement en Australie. Tout chez cet animal est impressionnant : son régime alimentaire exclusivement composé de feuilles d’Eucalyptus, son cri rauque, ses habitudes de dormeur et malheureusement sa population qui diminue grandement.
À l’origine, le terme qui désignait le Koala était gula ou gulawany dans la langue aborigène Dharug de la région de Sydney, dans le sud-est de l’Australie. Bien souvent appelé “ours koala” d’où son nom scientifique Phascolarctos cinereus d’origine grec phaskolos qui signifie “poche” et arktos pour “ours”. Cinereus signifie “cendré” en latin, en référence à la couleur grise de sa fourrure. Le Koala n’est pas un ours, mais un mammifère marsupial arboricole endémique des forêts d’Eucalyptus en Australie, appartenant à l’ordre des Diprotodontes.
Adaptation suprême pour la sieste

Le Koala tel qu’on le connaît aujourd’hui est incroyablement bien adapté à son milieu, les forêts d’Eucalyptus de l’est et du sud-est de l’Australie. Ce grimpeur hors pair possède deux pouces opposables réunis ensemble augmentant son adhérence aux troncs. Les deux premiers doigts des orteils sont également proches et munis de longues griffes pour pouvoir gratter son épaisse fourrure. Si vous avez déjà eu la chance d’observer un Koala, vous souvenez-vous de ce qu’il faisait ? Vous avez peut-être été chanceux de le voir manger des feuilles d’Eucalyptus, mais cette activité ne constitue que 10% de son temps quotidien. Les 90% du temps restant, le Koala dort pour digérer ! Il peut ingérer 500 g de feuilles par jour, mais cela a un coût énergétique important.
Le Koala, brouteur des hauteurs
Pourquoi est-ce qu’on en fait toute une histoire ? Le paresseux australien mange des feuilles, et alors ? Le Panda aussi ! Oui, sauf que les feuilles d’Eucalyptus sont toxiques, car elles contiennent du tanin. C’est ici que notre Koala est unique, car il a évolué pour tolérer cette toxine en s’aidant de bactéries capables de la digérer (Streptococcus gallolyticus et Lonepinella koalarum).
Dans son système digestif, l’organe du caecum est très très long, environ 2 m. À titre de comparaison, chez l’Humain, cet organe fait moins de 10 cm de long. La fermentation des feuilles dans le caecum est possible même chez les petits, car la maman Koala leur transmet une bouillie spéciale de feuilles pré-digérées. Mais avoir une usine de fermentation dans son ventre à longueur de journée, ça gruge de l’énergie ! Le métabolisme de la mignonne peluche grise est donc ralenti, d’où le besoin de sommeil. Bien qu’il existe plus 700 espèces d’Eucalyptus en Australie, le Koala consomme seulement les feuilles d’une trentaine d’espèces. Même ces excréments sentent bon l’Eucalyptus ! Tout pour plaire cet animal !

Eucalyptus, gigantesque arbre sacré
À quelque 200 km de la pointe sud de l’Australie se trouve l’île de Tasmanie. Quasiment toutes les espèces d’Eucalyptus viendraient à l’origine de cet endroit isolé. En 1900, il y a eu une exploitation intensive des essences d’Eucalyptus. On s’en servait pour faire des tonneaux, des vis, des voies de chemins de fer, des poteaux de télégraphes ou des bateaux de la marine anglaise. On l’a planté partout pour exploiter son bois ou vaincre des maladies.
Ces arbres sont très grands et atteignent facilement 60 m de haut. Le record est de 132 m pour Eucalyptus regnans en 1872 mesuré par un garde forestier. Les Eucalyptus ne perdent pas uniformément leur écorce, elle tombe en lambeaux. C’est ce qui donne cet aspect multicolore à l’Eucalyptus arc-en-ciel (Eucalyptus deglupta), seule espèce indigène dans l’Hémisphère nord en Indonésie, Papouasie-Nouvelle-Guinée et aux Philippines. L’écorce passe alors du vert au bleu, violet, orange ou brun. Le mélange des régénérations de tous ces bouts d’écorce forme une palette de peinture. Les Eucalyptus sont très inflammables. Ils créent des feux de brousse, phénomène naturel et indispensable pour la régénération de la forêt australienne. Ces phénomènes, avec les changements climatiques, deviennent cependant plus fréquents et plus intenses à cause de la sécheresse.

Fragile équilibre des feux
Un épisode choquant de l’histoire australienne est survenu entre 2019 et 2020. On l’a surnommé l’été noire. Ce gigantesque feu a brûlé près de 18,6 millions d’hectares, causé au moins 34 morts et affecté environ 3 milliards d’animaux. Plus récemment, en janvier 2025 la foudre a déclenché plusieurs incendies dévastateurs dans le sud-est du pays, notamment dans le parc national des Grampians (Victoria) et le parc national de Little Desert. Les Koalas ne sont pas épargnés. Ces animaux emblématiques ont été filmés paniqués, pris au piège dans les arbres leur réservant un destin souvent tragique. Un déclin important des populations de Koalas est observé depuis les 20 dernières années. Les causes sont la dégradation, la fragmentation et la perte d’habitat, combinées aux maladies pathogènes et à la sécheresse.
Les Koalas emportés par les maladies

Selon les données de 2020, il resterait entre 43 000 et 350 000 Koalas en Australie. Son statut, selon l’UICN, est “vulnérable” mais a besoin d’être réévalué. Début 2022, le Koala a été reclassé dans la catégorie “en danger” dans le Territoire de la capitale australienne, les États du Queensland et de Nouvelle-Galles du Sud. Ceci signifie qu’il existe un risque très élevé d’extinction à l’état sauvage. De nombreuses études sont en cours pour lutter contre la chlamydia (Chlamydia cinereus) et le retrovirus du Koala (KoRV), deux maladies qui mettent à mal les populations qui font déjà face à de multiples menaces.
On se demande quelles sont les solutions pour conserver l’espèce phare de l’Australie, celle que tout le monde connaît et apprécie. Certaines collectivités locales encouragent les habitants à prendre des mesures concrètes pour contribuer à la préservation des Koalas. Par exemple, en plantant des arbres adaptés à ces animaux (comme l’Eucalyptus, mais pas que), en rendant les clôtures franchissables par les Koalas ou en gardant les chiens dans un espace clos la nuit pour éviter des attaques. Durant la journée internationale du Koala, le 3 mai de chaque année, on souhaite que ces mesures de protection fonctionnent, et on souhaite à notre mignon dormeur encore plusieurs millions d’années !
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Un grand merci à Justine Richaume pour le partage de ses photographies.
Sources:
- Baleine sous gravillon S02E120 “La Symphonie animale, bioacoustique 4/8 : Jacaré, poissons, Cerf, Koala… Nicolas Mathevon”;
- Site officiel de l’UICN sur Phascolarctos cinereus
- Aaron Tkaczynski & Sharyn Rundle-Thiele (2023) Koala conservation in South East Queensland: a shared responsibility, Australasian Journal of Environmental Management, 30:1, 48-67, DOI: 10.1080/14486563.2023.2173320
- Pickrell, John (2021). Flames of Extinction : The Race to Save Australia’s Threatened Wildlife. Washington, D.C.: Island Press
- Pollak, Nina M., Samuel Phillips, Vasilli Kasimov, Harry Ling, Jessie S. F. Wong, Bernadette Rushton, Lily Russo, Amber Gillett, Ludovica Valenza, Jon Hanger, et al. (2026). Chlamydia spp., Bordetella bronchiseptica, and Phascolarctid Gammaherpesvirus 1 and 2 Infections in Koalas (Phascolarctos cinereus) in South East Queensland, Australia: Detection in Healthy Individuals and Those with Signs of Respiratory or Other Disease. The Journal of Wildlife Diseases 62, 2: 269–281
- Wedrowicz, F., Mosse, J., Wright, W., & Hogan, F. E. (2018). Using non-invasive sampling methods to determine the prevalence and distribution of Chlamydia pecorum and koala retrovirus in a remnant koala population with conservation importance. Wildlife Research, 45(4), 366-380.
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