La baleine dans tous ses états – Livre de François Garde

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Au début de ma lecture de La baleine dans tous ses états, je ne comprenais pas bien où François Garde voulait m’emmener avec son livre. Ni roman, ni essai scientifique, à peine un livre un peu autobiographique (afin de justifier le chemin qu’il parcourt pour mieux nous faire découvrir la baleine). Et puis j’ai été pris dans le truc, et je dois confesser que j’ai eu bien du mal à m’en séparer.

La baleine sous toutes ses coutures

Tel un historien, François Garde fouille un peu partout pour trouver des traces de baleines dans des endroits inhabituels. Que ce soit dans les Alpes ou à Lyon, il s’interroge sur la place de la baleine non seulement dans l’échiquier océanique, mais aussi dans notre culture.

On découvre ainsi les premiers chasseurs de baleines, les Basques, puis l’industrialisation, le massacre à grande échelle de ces merveilleux cétacés.

François Garde nous rappelle la place de la baleine dans notre culture, de Jonas dans la Bible à Pinocchio en passant par Moby Dick. La baleine fascine, ses dimensions sont remarquables, impressionnent et interrogent.

La baleine dans tous ses états est un livre atypique et particulièrement intéressant. François Garde nous livre son histoire personnelle avec les baleines, la première fois où, alors en poste aux Antilles, il avait pris le décision de faire exploser le corps d’une baleine qui s’était échouée sur la plage. Un artificier de l’armée avait donc dynamité le corps en décomposition du cétacé dont l’odeur empestait tout le quartier. Cet ancien haut-fonctionnaire est intrigué par les baleines, intrigué au point d’être fasciné. Comment ne pas l’être devant un tel animal?

Il nous emmènera ensuite sur les Terres australes et antarctiques françaises où il a été Administrateur. Ce ne sont pas autant les terres qui intéressent François Garde, mais bien les “monstres marins” qui badigeonnent dans ces eaux froides et dangereuses. On se laisse porter par les vents austraux, on aimerait le suivre à travers les îles, découvrir au petit matin les jets d’un troupeau de cétacés se prélassant innocemment dans ces eaux glacées et tumultueuses. Eaux qui connurent pourtant nombres des pires moments de l’histoire de la chasse à la baleine.

Parfois, hélas, François Garde m’a un peu perdu. A trop insister sur Jonas, à trop essayer de donner à la baleine un rôle qu’elle n’a pas dans la culture chrétienne, François Garde tombe dans un petit travers pas bien grave: celui du passionné qui veut aller trop au bout des choses.

Au final, ce livre s’adresse avant tout aux curieux, à ceux qui aiment les mers du monde entier, à ceux qui préfèrent se tenir à distance des cétacés, non pas par crainte, mais pour leur laisser la tranquillité à laquelle ils aspirent. C’est un livre de passionné, écrit par un conteur de talent.

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